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Le bois torréfié

Le bois torréfié
© TVA Publications | Stéphane Lessard
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Ayant eu l’occasion ces derniers temps de réaliser quelques ouvrages avec du bois torréfié, je vous livre aujourd’hui quelques observations sur ce matériau.

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Le procédé

L’utilisation de la torréfaction permet de rendre les essences imputrescibles. La technique consiste à faire chauffer le bois à haute température, de manière à détruire les molécules et les champignons susceptibles de l’attaquer et de le faire pourrir. Sans être un spécialiste, je me suis rendu compte, en travaillant ce type de bois, de quelques-unes de ses caractéristiques.

Essences et distribution

Jusqu’ici, j’ai utilisé différentes essences, comme l’érable, le merisier, le chêne, le noyer, le frêne, le pin et l’épinette, qui m’ont été fournies par quelques rares distributeurs à titre de prototype ou que j’ai achetées chez un fournisseur comme Bois Franc Rive-Sud. De toute évidence, le marché visé est celui des ouvrages extérieurs, comme les terrasses et le mobilier, ou encore celui des planchers ou des pièces architecturales à structure apparente, qui exigent une belle apparence tout en offrant une bonne stabilité.

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J’ai remarqué que plus le taux de torréfaction est élevé, plus le bois devient friable. Ainsi, lors de la réalisation d’assemblages dans une même essence torréfiée différemment, le bois le plus torréfié produisait davantage   d’éclats lors de la coupe. On reconnaît un bois au taux de torréfaction élevé à sa couleur plus foncée.

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Peu importe l’essence utilisée, la torréfaction du bois tend à lui donner des teintes variant du brun moyen à un brun très foncé. En fait, plus la chaleur à laquelle le bois est soumis est intense, plus il prend l’apparence d’un bois brûlé. D’ailleurs, lorsqu’on le travaille, il en dégage aussi l’odeur caractéristique!

Un mot sur la résistance

Il semble bien que la torréfaction du bois lui fasse perdre une partie non négligeable de sa résistance physique. Je l’ai constaté, entre autres, en réalisant une structure de plancher de terrasse avec de l’épinette torréfiée: j’ai dû réduire la portée des solives pour compenser une résistance plus faible. Dans ce cas, j’ai espacé les solives de 12 po plutôt que de 16 po.

Expertise: Luc Chênevert
Avec la collaboration de Luc Gonthier

 

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