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Grandeurs et limites du bambou

Matériau écologique
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Surtout utilisé dans la confection de planchers, le bambou est populaire auprès des environnementalistes. Ce matériau séduit aussi par sa dureté et sa durabilité. Mais si l’on considère toutes les étapes de fabrication, de la plantation à la transformation finale, certains produits de bambou apparaissent moins verts.

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Régénérescence rapide et naturelle

Cette graminée géante peut être récoltée au bout de trois à cinq ans de croissance, alors qu’il faut attendre plusieurs dizaines d’années avant de couper un arbre. Le bambou ne nécessite aucune replantation, car il repousse de lui-même, comme de l’herbe. On dit que sa croissance ne requiert qu’un minimum d’eau, et peu de fertilisant et de pesticide.

Une culture en expansion

La popularité grandissante du bambou incite les pays producteurs à augmenter l’étendue des plantations, malgré les conséquences que cela peut entraîner. Dans toutes les grandes monocultures, les plantes deviennent plus sensibles aux maladies et aux envahisseurs, et nécessitent un recours plus important aux pesticides.

La culture du bambou permet cependant de diminuer l’exploitation des forêts, qui, de toute façon, ne suffiraient pas à la demande mondiale. Il faudrait toutefois éviter que, localement, les bambouseraies soient agrandies au détriment de la forêt et de la biodiversité. Ces inquiétudes ont mené à la mise en marché des premiers bambous issus d’exploitations forestières responsables (coupes sélectives, absence d’irrigation, aucun pesticide, etc.). 

Le transport

La plus grande partie du bambou provient de Chine. On en cultive aussi en Inde, au Viêtnam et en Amérique du Sud. Son importation implique donc un transport maritime sur des milliers de kilomètres. L’utilisation des ressources pétrolières contribuant à l’augmentation des gaz à effet de serre amoindrit la valeur écologique du bambou, mais pas au point de remettre son usage en question. Le programme de certification LEED, l’un des plus rigoureux au monde, le reconnaît comme matériau vert, catégorie «Ressource rapidement renouvelable».

La colle

Pour en faire des planchers, les tiges de bambou sont coupées en lamelles, séchées puis collées les unes contre les autres selon deux méthodes de laminage: horizontal ou vertical. Une autre technique existe aussi, la «strand woven», qui consiste à broyer les fibres de bambou pour ensuite les presser et les coller à haute température. Pour faire d’un parquet ou d’un contreplaqué de bambou un produit vraiment écologique, il faut aussi considérer le type de colle utilisée dans le procédé de fabrication. Certaines colles peuvent contenir une concentration élevée de formaldéhyde, comparable à celles des panneaux de particules traditionnels. Encore faut-il que ce taux soit indiqué dans la fiche technique du produit. L’idéal consiste à opter pour des planchers et des contreplaqués sans formaldéhyde ajouté, qui ont la certification LEED, ou pour un plancher de bois franc produit dans une forêt de votre région, certifiée FSC (Forest Stewardship Council).

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