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Fiche de bois: Le poirier européen

Poirier européen
© TVA Publications | Jean Langevin
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Nom latin: Pyrus communis

Bois noble d’un beau brun rosé, le poirier est souvent recherché pour son apparence naturelle qui s’apparente un peu au cerisier par sa couleur et au hêtre par sa densité moyenne. Sa couleur est riche et uniforme, sans poches de résine comme le cerisier. C’est un bois à grain fermé qui possède une texture très fine et des veinures régulières ou irrégulières, selon la forme du tronc.

APPRENEZ-EN DAVANTAGE SUR LE BOIS

Le poirier provient des régions tempérées de l’hémisphère boréal. Il est cultivé principalement pour ses fruits et seuls les vieux arbres sont utilisés pour le bois d’œuvre. Il est de taille modeste et son tronc est fréquemment tordu. Comme il est difficile de s’approvisionner régulièrement et que les pièces offertes sont généralement petites, ses utilisations demeurent limitées au tournage, à l’incrustation ou à la marqueterie. Sa texture très fine en fait de plus un bois recherché pour la gravure. Il sert également à fabriquer des instruments de dessin de bonne qualité, notamment les tés, et certains instruments de musique comme le flageolet, sorte de petite flûte à bec à six trous. Une de ses utilisations très spéciale était la fabrication de polissoirs à rubis d’horlogerie.

Le séchage à l’européenne

Le poirier se présente sous une forme inhabituelle pour nous, puisque les planches possèdent encore les inégalités de l’écorce. Cela est dû à la façon européenne de débiter et de sécher le bois: l’arbre est découpé en planches dès son abattage et l’on reforme la grume en espaçant les planches avec des tasseaux. Les planches, ainsi séchées dans l’ordre, peuvent être mieux coordonnées par l’ébéniste lors de la construction d’un meuble.

Équarrissage

Il faut tout d’abord tracer une ligne de coupe sur un des côtés, puis tailler à la scie à ruban de façon à enlever les inégalités. Cette opération permettra d’obtenir un appui pour la dégauchisseuse. On peut alors dégauchir et ensuite équarrir les pièces nécessaires sur le banc de scie.

La refente

On dit du poirier qu’il sèche lentement (un an par centimètre d’épaisseur), cependant les morceaux utilisés lors de notre test étaient très secs : ils ne contenaient environ que 8 % d’humidité. Lors de la refente, ce bois n’a pas de tendance marquée à gauchir, la stabilité est donc excellente. Il se coupe facilement, beaucoup plus facilement que l’érable, qui est très dur. Lors de la taille, le poirier dégage une odeur agréable, légèrement sucrée, toutefois moins prononcée que celle du cerisier.

Le tronçonnage

Le grain du poirier étant très serré et homogène, le tronçonnage ne produit presque pas d’éclats. Les coupes sont beaucoup plus nettes que lorsque l’on taille du chêne (un bois à grain ouvert), par exemple.

La finition

Le poirier se polit facilement. Poncez tout d’abord avec un papier de grain très fin, puis appliquez une couche ou deux d’huile (de teck ou d’abrasin). Une fois le séchage terminé, étendez une nouvelle couche d’huile et polissez avec un papier de grain de 400 ou 600. Répétez la dernière étape au besoin.

Le collage

Vous ne vous buterez à aucune difficulté lors du collage. Le poirier réagit très bien à tous les genres de colles, qu’il s’agisse de colle blanche, époxyde ou marine.

La sculpture

C’est un bois qui se taille bien malgré sa dureté. Il est plus agréable à travailler que l’érable, bois fibreux et vraiment très dur. Il se tourne également très bien.

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