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Secrets de Perse

Secrets de Perse pour une chambre à coucher
© TVA Publications | Mario Dubreuil
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En nous invitant chez lui, le designer d’intérieur Afshin Esmaeili nous entraîne au cœur de l’Iran nomade, cette partie du monde qui a encore le temps de fabriquer des trésors.

DÉCOUVREZ TOUS LES AVANT-APRÈS

Quand Afshin Esmaeili a décidé de quitter Téhéran pour venir vivre à Montréal, il imaginait une Amérique du Nord semblable à l’Europe qu’il connaissait.

On imagine la surprise qu’il a eue, pour ne pas dire le choc! Pour vaincre sa nostalgie, il a réalisé ce décor empreint de ses origines, émaillé de trésors rapportés d’Iran et d’Inde.

Ses amis ont manifesté un fort intérêt pour le lieu et ses trésors: les uns voulaient s’offrir un tapis, un tableau ou des tissages précieux, les autres envisageaient un voyage jusqu’aux rives de la mer Caspienne.

Du coup, ce logement prévu pour être simplement réconfortant est devenu une fenêtre sur une culture encore peu connue ici, même par les Iraniens.

 

Au mur, les deux acryliques sur papier sont l’œuvre d’une artiste iranienne.

De la rue au paradis

Constitué comme un long ruban qui se déroule depuis la rue jusque dans une cour intimiste, ce rez-de-chaussée est typique des logements montréalais: long et sombre. Pour lui faire gagner de la lumière naturelle, le designer a commencé par abattre un mur entre le salon et la salle à manger.

Puis, au salon, il a peint les murs et les parements de brique en blanc. Il n’a jamais cherché à niveler les textures, même les plus marquées, puisqu’elles étaient appropriées à l’ambiance rustique qu’il recherchait.

Sur les cubes qui servent de tables basses, on retrouve les denrées typiques de l’hospitalité iranienne: les mélanges de fruits secs, les noix, les pistaches et le thé. ​

 

La cheminée est pour l’instant inutilisable; en attendant qu’elle reprenne du service, on a posé devant l’âtre un tableau enflammé qui lui rend tout son punch.

L’art de la paresse

Au centre du salon, Afshin Esmaeili a placé un lit d’opium, héritage familial. On dit «lit d’opium», mais ce meuble n’a pas d’usage réservé; il doit simplement son nom au fait qu’il est démesuré.

Au centre, on peut y déposer un grand plateau sur lequel on déposera un narguilé ou de la nourriture.

En général, en Iran, on y passe les heures trop chaudes de l’après-midi, en famille, à manger des fruits et des confiseries.

Le lit est agrémenté de nombreux coussins dont les housses ont été faites à partir de jajim, des tissages traditionnels nomades.​

 

Avant

Avant

Conception, aménagement, mobilier, tissus et accessoires décoratifs en provenances d’Iran, Afshin Esmaeili, designer d’intérieur et consultant en art et tapis des peuples nomades pour A & K Design; réalisation des boiseries, adaptation des meubles et éléments d’architecture, Kevin Scott Watson, ébéniste pour A & K Design

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