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Magnifique pavot bleu

JDM - Fleurs et jardins - Magnifique pavot bleu

Cet article est lié au Dossier: Jardin et potager.

Magnifique pavot bleu © Photos courtoisie Tomasz Pylak et les Jardins de Métis
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Le magnifique pavot bleu est assurément l'un des plus spectaculaires représentants de la famille des papavéracées, mais c'est également le plus difficile à cultiver.

Lors de son introduction en Angleterre, vers 1924, par Frank Kingdon-Ward, le pavot bleu (Meconopsis betonicifolia) fut à l'origine d'une véritable hystérie horticole! Tous les jardiniers de l'époque voulaient cette plante dans leur jardin !

Aujourd'hui encore, la fleur bleu ciel aux pétales délicatement froissés et aux étamines jaune doré de cette plante fait l'envie de bien des gens.

Découverte du pavot bleu

Fils d'un botaniste, Frank Kingdon-Ward est né en Angleterre en 1885. Dès l'adolescence, il fait diverses lectures qui le convainquent de mener la vie de chasseur de plantes.

À l'âge de 26 ans, il quitte le poste d'enseignant qu'il avait accepté à Shanghai pour se rapprocher de certains pays d'Asie qui le fascinaient. Il se met dès lors à la recherche de plantes rares qu'il pourrait rapporter en Angleterre et, pendant les 45 années suivantes, il effectuera 22 expéditions dans l'Himalaya, en Birmanie, en Chine, en Inde et au Tibet.

Il était tellement passionné par la flore des montagnes himalayennes qu'il a surmonté pendant toutes ces années la peur des hauteurs et le vertige qui l'accablaient.

Durant ses expéditions, Frank King-don-Ward a également survécu à de nombreux accidents. En plus de s'empaler sur une pointe de bambou, de tomber d'une falaise et d'être arrêté in extremis par un arbre qui poussait là, de se perdre en forêt pendant deux jours sans nourriture et de voir sa tente écrasée par un arbre lors d'une tempête, il a survécu à un tremblement de terre de 8,6 sur l'échelle de Richter le 15 août 1950, lors d'une expédition dans l'Assam, en Inde.

King-don-Ward a publié 25 livres dans lesquels il raconte ses aventures.

Son expédition la plus notoire et marquante se déroula en 1924-1925 au Tibet, durant laquelle il put récolter les graines du fameux pavot bleu. C'est près de la ville de Lhassa, à une altitude de près de 3 600 m (11 800 pi), qu'il trouva la plante qui allait le rendre célèbre.

Bien que ce soit au père Jean-Marie Delavay que revienne la découverte du pavot bleu vers 1886, c'est Kingdon-Ward qui fut le premier à rapporter des semences viables de cette plante en Occident.

On doit aussi à ce dernier la découverte de la superbe primevère de l'Himalaya ( Primula florindae), qu'il nomma ainsi en l'honneur de sa femme Florinda.

Le chasseur de plantes Frank Kingdon-Ward.

Introduction au Québec

Il est presque certain qu'Elsie Reford, créatrice des Jardins de Métis situés en Gaspésie, fut la première à cultiver le pavot bleu au Québec.

Seule Jennie Butchart, des célèbres Butchart Gardens de Victoria, en Colombie-Britannique, semble l'avoir précédée. En 1933, Mme Reford sema à trois endroits dans son jardin des graines de pavots bleus qu'elle obtint du Jardin botanique royal d'Édimbourg, en Écosse.

Le succès fut complet, le pavot bleu s'est si bien acclimaté qu'il est aujourd'hui devenu l'emblème des Jardins de Métis. Tous les pavots bleus actuellement cultivés à Métis sont les descendants des premières plantes semées par Elsie Reford dans les années 1930.

Après une visite de son jardin en 1941, Henry Teuscher, concepteur du Jardin botanique de Montréal, écrivit : « Les pavots bleus de l'Himalaya - que nous avons d'ailleurs essayé en vain d'acclimater à Montréal - ont été plantés en bordure d'une pessière. Certains pieds ne sont pas loin d'atteindre deux mètres de hauteur et vont jusqu'à se propager d'eux-mêmes ! Visiter ces jardins à la fin de juin est une expérience inoubliable. »

Au cours des années 1940, Elsie Reford se décide à écrire à Frank Kingdon-Ward. Dans le numéro de juillet 1946 de la revue The Garden Beautiful, publiée en Colombie-Britannique, ce dernier la félicita publiquement : « ... J'ai récemment reçu du Canada une lettre de remerciements d'une dame qui a joint à sa missive la photo d'un massif d'une centaine de fleurs, qu'elle a réussi à cultiver dans l'estuaire du Saint-Laurent. Il pousse si bien qu'un chemin bordé de splendides pavots bleus se transforme en une vallée irréelle au pays des rêves, me dit elle. Quel beau compliment ! »

Elsie Reford, 13 juillet 1954 : « Les lilas sont magnifiques et les azalées resplendissantes, mais je crois que ce sont les pavots bleus qui me procurent le plus de satisfaction. Non seulement ils sont d'une grande beauté, mais leur floraison dure plus longtemps que toute autre plante. Il y a maintenant près d'un mois qu'ils font nos délices.»

Culture difficile

Comme le pavot bleu est originaire du massif montagneux de l'Himalaya, il éprouve beaucoup de difficulté à survivre dans la région de Montréal où les étés peuvent être particulièrement chauds et la couverture de neige trop mince et inconstante durant l'hiver.

En fait, le pavot bleu performe beaucoup mieux dans les régions montagneuses ou maritimes au climat frais, particulièrement celles qui sont situées le long du fleuve Saint-Laurent, à l'est de la ville de Québec.

Le pavot bleu préfère les terrains ombragés situés sous les arbres au feuillage léger où le sol est acide, riche en humus et parfaitement bien drainé.

En période de croissance, cette plante nécessite une atmosphère humide et des arrosages réguliers.

Au printemps et en été, on recommande de lui fournir environ 2,5 cm d'eau par semaine en un seul apport et de disposer un paillis organique d'une épaisseur d'environ 5 à 7,5 cm à sa base.

À partir de la fin août, on doit cesser les arrosages afin que le sol soit plus sec en prévision de l'hiver.

Le pavot bleu est une plante monocarpique, c'est-à-dire qu'une fois ses semences produites et répandues sur le sol, elle meurt. Puisque la transplantation des rejetons est difficile à réussir, on doit propager le pavot bleu par semis.

L'idéal est d'utiliser les semences de vos propres plants et de les mettre en pleine terre dès l'automne ou au printemps suivant après les avoir conservés au sec durant l'hiver à une température de 4 ºC.

À défaut de pouvoir utiliser les semences produites par vos pavots, vous pouvez en trouver chez certains grainetiers nord-américains - les Jardins de Métis en vendent par l'intermédiaire de leur boutique en ligne.
 
Le terreau qui leur convient le mieux est composé d'un tiers de terre à jardin brune légèrement acide, d'un tiers de compost et d'un tiers de tourbe de sphaigne.

Même si cela n'est pas essentiel, les deux premières années suivant le semis, on recommande de couper les hampes florales des plants dès qu'elles émergent afin de favoriser un meilleur enracinement.

Par la suite, taillez les fleurs lorsqu'elles sont fanées, ainsi vos plantes pourront peut-être vivre plus d'années que vous ne l'espériez.

Les superbes pavots bleus qui font la fierté des Jardins de Métis
 

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