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Suzanne Duquette
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Inspirations, déco et design

Suzanne Duquette

Journaliste depuis 30 ans, Suzanne Duquette travaille pour plusieurs magazines de décoration québécois, dont CHEZ SOI. Touche-à-tout, elle s’intéresse aussi bien au design qu’à l’architecture. Dans son blogue elle parlera des nouveautés, des boutiques à connaître, des expositions, des créateurs... et de la déco sous toutes ses coutures.

L’héritage d’Andrée Putman

Le drapeau du design est en berne depuis le 19 janvier dernier, date du décès d’Andrée Putman. Retour sur la carrière d’une femme d’influence.

Andrée Aynard est née en 1925 et avait, en plus d’un goût sûr, le talent certain de connaître les bonnes personnes au bon moment.


 

Musicienne de formation, elle évolue dans un milieu qui lui permet de côtoyer des artistes tels que Bram Van Velde, Alberto Giacometti et la sculpteure Niki de Saint Phalle. Elle se marie en 1950 à l’éditeur et collectionneur Jacques Putman et travaille à trente-six métiers (coursier chez Fémina, styliste pour Prisunic...) avant de former une première société Créateurs et Industriels dont elle aménage les locaux dans un ancien entrepôt de la SNCF. Son oeil lui permet rapidement de déceler le talent des jeunes loups que sont Jean-Charles de Castelbajac, Issey Miyake, Claude Montana et Thierry Mugler.

En 1970, le monde d’Andrée Putman s’écroule. Elle a 53 ans. Sa société vient de faire banqueroute et elle divorce de Jacques Putman. Son ami Michel Guy (homme politique et grand collectionneur) la presse de créer sa propre entreprise Ecart. Sa carrière est lancée.

C’est à elle que l’on doit la mise en valeur des meubles oubliés des années 1930. La redécouverte de la transat d’Eileen Grey, c’est elle... l’engouement pour la chaise de Robert Mallet-Stevens et pour le lampadaire de Mariano Fortuny, c’est aussi elle.

Transat d'Eileen Grey.

Chaise de Robert Mallet-Stevens et le projecteur de Mariano Fortuny.
 

Le style Putman se cristallise avec l’aménagement de l’hôtel Morgans de New York. Un style pur qui met l’accent sur l’essentiel « Le luxe pompeux est une chose polluante qui me fait horreur. Je m’intéresse à l’essentiel, à la charpente, à la colonne vertébrale des choses, » dit-elle. Elle abat les cloisons, redéfinit les espaces, marie les matières, repense l’utilisation du carreau noir et blanc.


Salle de bains de l'hôtel Morgans de New York.

Tout va très vite. Les hôtels se succèdent, la conception pour des maisons comme Christofle, Laguiole, Fermob, aussi.

En 1997, elle liquide ses parts dans Ecart International et crée le Studio Putman qui se spécialise en architecture intérieure, design et scénographie. En 2007, elle confie la direction de son entreprise à sa fille Olivia.

Étrangement, cette femme qui a surtout produit des objets de luxe a réussi, à une époque où l’idée était impensable, à imposer des matériaux pauvres comme la céramique et le béton et à rendre l’art accessible. Qu’aurait-elle concocté si son rêve d’une collaboration avec IKEA s’était concrétisé ?

Les livres à lire


Le style Andrée Putman de Stéphane Gerschel aux Éditions Assouline, 80 $



Andrée Putman, ambassadrice du style de Jean Nouvel et Michèle Champenois chez Flammarion, 35,95 $
 

 

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