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Quoi mettre en cave : La Soif du Mal!

La soirée avait drôlement débuté. Tout d’abord, ma copine Geneviève m’a attendue pendant plus d’une demi-heure à l’intersection du boulevard St-Laurent et de la rue Sherbrooke. Je n’ai trouvé rien de mieux à faire que de rire en la voyant, congelée, avec un sac à vidange à la main contenant mes vêtements. Le temps de prendre une photo et nous étions parties en direction du nouveau resto de Martin Juneau : le Pastaga & ses vins natures.

Martin Juneau est un excellent ami et collègue avec qui j’ai eu la chance de faire les chroniques estivales de la SAQ «Sortez Vos Verres». Depuis, son ascension dans les médias est fulgurante. Il a fait ses preuves à La Montée de Lait avant de diriger les cuisines du Newtown sur la rue Crescent. Sacré meilleur chef canadien l’an dernier, lors du concours Gold Medal Plates, Martin est devenu la coqueluche de la télé. Il a été juge à l’émission «Et Que Ça Saute» au côté de Giovanni Apollo. Pas étonnant qu’il ait repris l’ancien local d’Apollo pour ouvrir son nouveau restaurant le Pastaga.

Pastaga, ça veut dire quoi? C’est un surnom donné pour le Pastis, cette boisson anisée (comme le Ricard) bien populaire auprès des joueurs de pétanque. Pourquoi ce nom? Je n’en ai aucune idée!!!

Chose certaine, la nourriture est bonne. En entrant, j'ai été sous le choc. Il n’y avait que des filles dans le restaurant! J’ai regardé l’adresse sur la porte pour m’assurer que je n’étais pas au 281, mais non, j’étais bien au 6389 boulevard St-Laurent. Ouf!

En compagnie de mes amies, nous avons dégusté des plats absolument renversants comme la charlotte au chèvre et la bédaine de porc croustillante. Wow! Mais attendez de goûter aux desserts de la jeune pâtissière. Le gâteau aux carottes façon pain perdu vous fera perdre la tête. Et que dire des petits whippets au caramel… un vrai péché!

Côté sommellerie, Martin Juneau favorise les vins nature. Avec l’aide de David, son sommelier, ils ont bâti une carte des vins en importation privée. Il faut aimer le style. Personnellement, je ne suis pas toujours friande des vins nature car je trouve qu’ils sont trop souvent instables et défectueux (oxydation, brett, bouchon (TCA), etc.). Par contre, lorsqu’une bouteille atteint son plein potentiel, j’admire la pureté du fruit et ce fut le cas pour cette cuvée «Les foulards rouges La Soif du Mal», élaborée par le talentueux Jean François Nicq de la cave coopérative d'Estézargues.

Robe rubis aux reflets violacés sur des effluves fruités et masculins. On sent bien les notes animales de cuir mouillé, de feuilles d’automne et de poivre fraîchement moulu soutenues par un bon apport en fruit (cerise Bing). Ce Côtes-du-Roussillon est issu d’un assemblage à faible rendement de Syrah (70%) et de Grenache (30%) lui conférant une bonne concentration. En bouche, on perçoit un petit goût de banane à la guimauve que l’on retrouve souvent dans les vins qui subissent une macération carbonique. Après quelques minutes dans le verre, la palette aromatique change drastiquement pour faire place à un rouge équilibré, distingué et soyeux. Très belle découverte à mettre en cave quelques années.

Difficile de prévoir l’évolution d’un vin nature issu d’une culture en biodynamie, non sulfitée et non filtrée. La seule manière de le savoir est d’en acheter quelques bouteilles et de suivre leurs évolutions au fil du temps.

Une autre belle soirée, je vous souhaite la même chose ce week-end! Santé!

Ps : en faisant des recherches sur le web, je suis tombée sur la pétillante capsule d’Aurélia Filion de «Bu sur le Web»: http://busurleweb.com/2010/02/un-magnum-des-foulards-rouges/

Référence : Les Foulards Rouges, Côtes du Roussillon - La Soif du Mal - 2010 (Vin de Table Français)

JH 91

Disponible à l’agence Rézin : http://www.rezin.com/produits.php?a=140

Jessica Harnois

Critique de vins & Chroniqueuse à TVA (Tout Simplement Clodine, Chez Soi, CASA, Moi & Co)

Présidente de l’Association Canadienne des Sommeliers Professionnels

www.jessicaharnois.com

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