Vous êtes ici

Mangez frais, mangez Lufa!

© Les fermes Lufa
|

Nous sommes de plus en plus nombreux à poser des questions sur la provenance des aliments, à chercher à privilégier les achats locaux, à vouloir manger frais, toujours plus frais. Quand en 2011, Mohamed Hage et son équipe ont construit la première serre commerciale Lufa sur un toit de Montréal, une étincelle d’espoir a illuminé notre ciel nordique. Retour sur cette expérience qui change peu à peu notre façon de nous alimenter. 

Qu’est-ce que les Fermes Lufa ?

Les Fermes Lufa sont deux immenses serres sur les toits, une à Montréal et l’autre à Laval, qui permettent à plus de 3000 urbains de s’approvisionner en légumes frais, même au cœur de l’hiver. 

Eh oui, vous ne le saviez peut-être pas encore, mais il est possible de mordre dans une tomate, un poivron ou un concombre qui viennent à peine d’être cueillis à quelques pas de chez vous.

Tout se fait en ligne ou presque !

Il suffit de s’inscrire sur le site web des Fermes Lufa, de choisir un point de cueillette dans son quartier (il y en a plus de 150) puis de fournir quelques renseignements avant de composer son panier et de payer avec sa carte de crédit. Le panier sera livré au lieu choisi, au jour donné.

La formule est simple, ultra simple, et peut convenir aux personnes seules comme aux familles.

Que contient un panier?

Ça c’est affaire de goût, puisque depuis le printemps dernier, les paniers sont personnalisables. Toutes les formules sont bonnes, toutes les combinaisons possibles. Pour un montant minimal de 30 $, vous pouvez opter que pour des légumes ou pour des légumes et des produits de fermes locales. Vous composez le panier selon vos besoins. Et ce ne sont pas les choix qui manquent! 

Laitues Boston, piments Chili, poivrons colorés, jalapeno, concombres anglais et libanais, aubergines Clara et Dancer, tomates fraises : 36 variétés cultivées dans les fermes Lufa et auxquelles s’ajoutent les 62 autres qui proviennent de producteurs locaux… en plus des autres produits! 

Car depuis peu, l’offre des Fermes Lufa s’est élargie pour comprendre des pâtes fraîches du restaurant Impasto de Stefano Faita, des riz, du miel, des farines, du pain, des viennoiseries, des œufs, du fromage, des bagels Saint-Viateur, des champignons séchés, des pizzas du Fromentier, des savons, et j’en passe. 

Les produits sont bons ?

Plus de 3000 abonnés ne peuvent avoir tort! Ce qui fait la différence chez Lufa, c’est le soin apporté au choix des semences. « Depuis les débuts, nous travaillons avec Johnny Seeds. Ce fournisseur s’est engagé dès 1999 à ne pas acheter ou vendre des semences qui sont génétiquement modifiées » explique la relationniste Laurence Deschamps-Léger. Toutes sont sans OMG.

Par ailleurs, certaines variétés comme les tomates Brandywine, Cherokee Purple, Red Zebra proviennent de semences ancestrales (heirloom). Tous les légumes sont d’abord choisis parce qu’ils poussent bien en serre et pour leur saveur.

Et qui fait le choix de ces légumes? 

Il y a un comité de sélection composé des fondateurs : Mohamed Hage, Kurt D. Lynn, Dave Furneaux, Yahya Badran et Lauren Rathmell, la directrice des serres. « On fait aussi des expériences. Dans la nouvelle serre à Laval, on trouve 22 sortes de tomates. On parle aussi à nos abonnés qui cultivent certaines variétés dans leurs jardins » nous dit Laurence Deschamps-Léger.

Ce qu’il est important de retenir, c’est que la plupart de ces variétés qui supportent très mal le transport ne sont pas offertes en épicerie. 

Culture et technologie

Beau paradoxe de celui des Fermes Lufa, qui marient certains aspects de la culture à l’ancienne aux dernières technologies. 

La culture dans ces serres, avec environnement contrôlé, se fait sans pesticides, sans herbicides ni fongicides synthétiques. Les bons insectes (comme les coccinelles) font la guerre aux insectes ravageurs comme les pucerons, pendant que les déchets verts sont transformés en compost. On se croirait aux débuts de la colonie! 

Par contre, tout est géré par des logiciels qui comptabilisent le nombre d’insectes par secteur et déploient les rideaux thermiques par temps froids. La pousse des plantes est quasi minutée pour éviter tout gaspillage, et des ingénieurs et des chimistes patrouillent les allées des serres pour mieux évaluer la santé des plantes. La science prend le relais de la nature!

Parce qu’elles sont situées en milieu urbain et qu’elles bénéficient de la chaleur générée par les bâtiments sur lesquels elles sont posées, les serres Lufa utilisent moitié moins d’énergie qu’une serre au sol. 

Le combat de l'eau

Le plus grand défi de ces serres réside dans l’utilisation de l’eau pour la culture hydroponique. Une partie de l’eau provient de la fonte des neiges et de la pluie. Cette eau est d’abord filtrée pour ensuite circuler dans un circuit fermé. Elle y circulera jusqu’à la dernière goutte, évitant ainsi une surconsommation. 

Lufa est là pour durer? 

Oui, puisque le concept convient particulièrement au milieu urbain et qu’il est sur point d’atteindre le seuil de la rentabilité, car il ne faut pas oublier que cette aventure est commerciale et non subventionnée.

« Nous avons beaucoup appris ces deux dernières années. Par exemple, la serre de Laval a été construite sur un nouveau bâtiment. Nous avons pu être présents lors de la construction et les serres couvrent toute la superficie du toit, ce qui minimise les pertes d’énergie, » explique Laurence. Elle ajoute que l’entreprise veut établir un modèle durable et rentable qui peut être reproduit ailleurs. Et cet ailleurs sera peut-être Boston. À suivre...

En attendant, vous pouvez vous inscrire en ligne aux Fermes Lufa. Il reste toujours des places. Cette entreprise qui voit vert aimerait bien atteindre le chiffre magique des 6000 abonnés. On leur souhaite!

Les fermes Lufa en quelques chiffres

5 Membres de l’équipe fondatrice
30 Membres du personnel
70,5 Tonnes de légumes produits en 2012
150 Points de chute où les abonnés vont chercher leurs paniers
3500 Nombre d’abonnés actuels
31 000 pieds carrés Dimension de la première serre du quartier Ahuntsic à Montréal 
43 000 pieds carrés 

Dimension de la deuxième serre construite en 2013 à Laval

 

|