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La passion du vin chez-soi

La passion du vin chez-soi
© Photo: Shutterstock
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Il y a une dizaine d'années, la clientèle des boutiques spécialisée en accessoires de service, de dégustation et de conservation du vin était des gens à l'aise financièrement, des professionnels ou des personnes âgées de 45 ans et plus.

«On voit de plus en plus de jeunes visages dans nos cours, des gens dans la jeune vingtaine qui suivent cet effet de mode. Tous veulent approfondir leurs connaissances en vin», se réjouit Nicolas Médieu, coordonnateur logistique et formateur pour SAVORI.

Cette entreprise, partenaire exclusif de la SAQ, est spécialisée en formation sur le vin et les spiritueux.

Les accords mets et vin

L'objectif ultime, pour les étudiants, est d'être capable de réaliser des accords mets et vin. «Il s'agit du pivot autour duquel tourne tout l'univers du vin. Les gens se réunissent autour d'un bon repas et profitent de ce moment privilégié pour déguster le vin. Celui-ci ne se prend pas seul, comme un Coke par exemple, il s'accorde», souligne M. Médieu. En plus, les gens savent boire le vin, pas pour se soûler, mais ils s'intéressent aux saveurs, dit-il.

M. Médieu soutient également que le vin devient une passion puisqu'il est complexe et qu'il est une source inépuisable de connaissances et de savoir. Heureusement, «la dégustation du vin est donnée à tout le monde. Il suffit d'avoir la concentration et l'ouverture d'esprit nécessaires», dit-il.

La passion chez-soi

Cette passion grandissante pour le vin a entraîné des modifications dans l'aménagement de la maison. Les plus passionnés, qui possèdent des centaines, voire des milliers de bouteilles n'hésitent pas à se construire des caves à vin. «Il faut au moins posséder 1000 bouteilles pour investir dans une cave à vin», estime Dennis Plante, copropriétaire de Version III Design.

Mais lorsqu'on commence à s'intéresser à la dégustation du vin ou qu'on souhaite garder quelques bouteilles sous la main pour les boire à l'occasion ou les faire vieillir pendant quelques années, il y a des solutions plus économiques.

Le cellier

Maintenant, dans environ une cuisine sur deux, on retrouve un cellier, «ce qu'on voyait très peu avant», souligne Michel Gonthier, designer en chef chez Cuisines Gonthier. Selon sa capacité (minimum d'une trentaine de bouteilles), celui-ci peut occuper l'espace d'une armoire ou d'un réfrigérateur dans la cuisine.

«Le cellier permet de contrôler la température et le taux d'humidité du vin», souligne M. Plante. Tout près de celui-ci, on réservera une armoire parfois vitrée et un tiroir pour ranger les verres, les carafes et les divers accessoires. Puis, la dégustation se déroulera souvent autour de l'îlot, «le lieu de rassemblement», indique M. Gonthier.

L’ABC de la dégustation

On se laisse d'abord charmer par sa teinte, par l'intensité de sa coloration, sa limpidité. Cette première étape donnera des indices sur le cépage, son vieillissement en fût de chêne ou non, la présence de sucre résiduel ou non et nous en dira davantage sur son corps.

Puis, en faisant tourbillonner le vin dans le verre, si celui- ci laisse des larmes sur les parois, on saura qu'il contient un bon niveau d'alcool dû à une bonne maturité du raisin.

Olfactif et gustatif

Lors de la dégustation, notre nez fait tout le boulot, mentionne M. Médieu. La preuve réside dans le fait que, lorsqu'on a le nez bouché, on ne goûte rien. Ce qui est intéressant est que deux personnes n'auront pas les mêmes perceptions des arômes parce qu'elles ne seront pas issues du même milieu et n'auront pas les mêmes références.

C'est à cette étape qu'il est possible de détecter les familles d'arômes, dont fruité, floral ou épicé. Le vin viendra ensuite stimuler nos papilles, et c'est à ce moment qu'on découvrira le caractère intrinsèque de chaque vin.

Par exemple, on peut retrouver en dégustant un pinot noir des arômes de cerise et de terre humide, selon l'évolution du vin. C'est à ce moment qu'on constatera également l'acidité, l'astringence, la chaleur et la texture du vin.

Il est important «de prendre une bonne lampée de vin pour bien ressentir celui-ci sur toutes les parois de la bouche. On prend également de l'air en même temps pour faire éclater les molécules d'arômes et faire ressortir la flaveur», explique M. Médieu.

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