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Critique resto: Le Nouveau Palais

Critique resto: Restaurant Le Nouveau Palais
© Photo: Benoît Pelosse
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Le Nouveau Palais: ★★

Coup de toque : Les beignets, les tartines de crevettes et la musique.

Coup de torchon : Manque... de bol !

À la suite de sa transformation et de sa réouverture, il y a environ un an, le Nouveau Palais est rapidement devenu le rendez-vous branché de la nouvelle restauration montréalaise.

Malheureusement, lors de mon passage, j'y ai ressenti une certaine nonchalance, peut-être justifiée par une interprétation bien déstabilisante de l'expression «simplicité volontaire», et par la cool attitude. Un rendez-vous manqué pour moi, qui avait pourtant très envie d'aimer l'endroit.

Style de restaurant

Ils sont jeunes, ils sont branchés, ils ont de super idées, ils travaillent fort. Ils sont débrouillards, mais aussi obnubilés par leur volonté d'être cool et de le faire voir. Cette cool attitude donne l'impression que le travail se fait aussi facilement que l'eau glisse sur les rochers d'une cascade, sans effort, mais aussi sans rigueur ni règle élémentaire...

Or, cette simplicité devrait être muée par un minimum de discipline, aussi discrète soit-elle, car rien ne doit être laissé au hasard. Le laisser-aller ambiant (très tendance en ce moment) ressenti lors de ma visite cache une réalité qui risque de lasser à la longue. Et ne vous méprenez pas, ça n'a rien à voir avec un conflit générationnel, au contraire; j'y suis allé avec un jeune et il n'a pas trouvé ça cool non plus...

Décor

Ancien diner, véritable institution du quartier Mile-End, l'endroit a été repris par de jeunes gens pleins de bonnes idées. Laissé tel quel, le local conserve le look qu'on lui connaissait, mais un petit coup de pinceau n'aurait peut-être pas fait de tort. En effet, le petit local, tout en longueur, ne fait pas vieux, mais il fait sale et ça, ce n'est pas cool.

Surtout le plancher, vraiment limite. Je suis persuadé qu'ils pourraient facilement, le temps d'un week-end, retaper les lieux à peu de frais et en faire un nouveau petit palais authentique, tout en gardant l'esprit et la nature du concept.

Ambiance

Un point positif, surtout le soir bien tard, l'ambiance y est électrique, un endroit parfait si vous ne voulez pas vous prendre la tête. Autre point fort, une musique de fond géniale, pas trop forte, mais assez pour se laisser porter par elle, allant d'Arcade Fire à Rufus Wainwright en passant par Pierre Lapointe et Ariane Moffat. J'adore!

Clientèle

Francos, anglos, jeunes, moins jeunes, un melting-pot incroyable, une petite foule bigarrée. Les lundis soirs, les gens se retrouvent pour des dégustations originales, c'est le jour des «Cookies Unite» (invitation d'un jeune chef en devenir à faire découvrir aux clients ses nouvelles créations culinaires). Une très bonne idée.

Le repas

Que s'est-il donc passé le soir de ma visite? La chef a du talent, je le sais. J'ose espérer que c'était une mauvaise journée. D'entrée de jeu, le serveur arrive et me dit «Euh... la soupe du jour, elle n'est pas prête.» N'ayant pas la langue dans ma poche, je suggère qu'il l'appelle dorénavant la soupe du soir. Bref, je reste cool, je ne suis pas encore de mauvaise humeur. Pas encore...

Les savoureuses entrées laissent présager de belles choses. Beignets de courgette, cinq adorables bouchées, délicieuses et bien faites. Tartine de crevettes, «arrivées à la nage ce matin», me dit le serveur. Et il avait raison, elles sont fraîches, tendres comme une caresse, on est séduit et on se lèche les babines rien qu'à y penser à la suite.

Mais c'est là que j'ai peu à peu perdu mon sourire. Burger: viande au goût de réfrigérateur et de métal intense, petites frites sèches, mayonnaise insipide, salade de chou manquant de sel... Clairement, la chef a manqué de beaucoup de choses, ce soir là. Ratés aussi, les champignons sautés (pieds de mouton et girolles), commandés en accompagnement: ils étaient incroyablement fades.

Manqué aussi, le macaroni au fromage, sec comme ça ne se peut pas et servi dans une petite coupe qui ne permettait même pas de le manger sans en mettre partout sur la table. Enfin, un onglet servi bien saignant, parfait, mais accompagné d'un pain de maïs sec. C'est donc un ensemble de détails qui m'a laissé un goût amer en bouche.

Au niveau des desserts, une tarte à la patate douce avec une pâte qui n'était pas cuite: la chef a dû manquer de feu aussi! Pourtant l'appareil était très onctueux, dommage. Suivi d'un gâteau au fromage trop ferme. Quand ça va mal, ça va mal...

Le service

Pas de sourire (à part le premier serveur), nonchalant, sans passion, sans vie. C'est peut-être moi le problème ?

Carte des vins

Nous avons pris de la bière.

Renseignements

  • Combien ça coûte : 85 $ tout compris
  • Le quartier : À l'angle de Parc et Bernard
  • L'adresse : Le Nouveau Palais, 281, rue Bernard O., Montréal Tél. : 514-273-1180


 

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