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L’incontinence urinaire hormonale chez la chienne

L’incontinence urinaire hormonale chez la chienne

Dr Jean Sébastien Labelle 25 Février 2015

La propreté chez les chiots

Lorsque nous faisons l’acquisition d’un chiot, la propreté est l’une des premières choses que nous lui enseignons. Chez un chiot, même s’il a compris les principes de la propreté, il est probable que quelques incidents se produisent, car la capacité de ses sphincters urinaires est limitée. Ainsi, lorsqu’un certain volume d’urine remplit la vessie, le chiot urinera même s’il souhaitait se retenir.

L’incontinence lors du sommeil

L’incontinence hormonale chez la chienne pourrait en ce sens se comparer à notre chiot. Elle se produit chez un faible pourcentage des femelles stérilisées. Au fil du temps, le manque d’œstrogène, suite à la stérilisation, cause un relâchement des sphincters de l’urètre et laisse une petite quantité d’urine s’écouler lorsque la vessie est trop pleine. Cela se produit généralement lorsque la chienne est endormie. En effet, lorsqu’elle éveillée et qu’elle sent l’urine s’écouler, la chienne peut volontairement compenser pour le manque de tonus de ses sphincters et ainsi éviter l’incontinence. Par contre, lorsqu'elle est endormie, la chienne n’a pas conscience de cet écoulement et le surplus d’urine de la vessie continuera à couler.

Les propriétaires qui me consultent pour ce type d’incontinence rapportent donc des accidents qui se produisent la nuit ou lorsque la chienne est endormie. Ils retrouvent les fesses de la chienne ainsi que le coussin, le divan ou le lit sur lequel elle était couchée souillés d’urine. Dans les cas moins sévères, ils observent leur chienne qui se réveille subitement en se léchant les parties génitales, ayant senti juste à temps que de l’urine s'écoulait anormalement.

Confirmer le diagnostic et trouver le traitement approprié

Heureusement, il existe des traitements assez efficaces pour régler ce problème. Par contre, avant de traiter médicalement l’incontinence hormonale, il est important de confirmer le diagnostic avec quelques examens complémentaires. En effet, même si les symptômes sont assez caractéristiques, d’autres maladies pourraient être en cause ou augmenter la sévérité de l’incontinence hormonale. Une analyse d’urine et un bilan sanguin sont donc recommandés pour s’assurer que la chienne ne fait pas, entre autres, une infection urinaire ou du diabète, et qu’il n’y a pas de problème avec ses reins. De plus, il est toujours important de faire un bilan sanguin avant d’entreprendre l’usage à long terme d’un médicament.

Le médicament le plus fréquemment utilisé s’administre d’abord trois fois par jour pendant quelques semaines. Il est ensuite envisageable de réduire progressivement sa fréquence afin de trouver la plus petite dose possible tout en maintenant l’efficacité du traitement. Certaines chiennes reçoivent même un traitement une ou deux fois par semaine seulement.

La stérilisation n’est pas à éviter

Bien qu'il ne soit jamais souhaitable d’avoir une chienne qui souffre d’incontinence hormonale, je suis convaincu qu’il ne faut surtout pas mettre en doute la pertinence de la stérilisation. L’élimination ou la réduction des risques de cancers mammaires, des ovaires ou de l’utérus, ainsi que plusieurs autres maladies justifient amplement la stérilisation. En tant que vétérinaire, lorsque je fais une recommandation, je fais une gestion des risques. J’évalue les avantages et les inconvénients des traitements proposés, et il ne fait aucun doute dans mon esprit qu’il ne faut pas éviter la stérilisation de sa chienne par crainte qu’elle soit éventuellement atteinte d’incontinence urinaire.

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