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L’épilepsie et les convulsions : comment les reconnaître et quand faut-il agir?

épilepsie

Dr Jean Sébastien Labelle 19 Décembre 2014

Les convulsions ou crises épileptiformes sont la manifestation clinique d’une décharge électrique excessive au niveau du cerveau. Elles peuvent prendre plusieurs formes mais méritent toujours d’être prises au sérieux. La grande majorité de mes clients font généralement référence à l’épilepsie lorsqu’ils me consultent pour un problème de convulsions. En fait, l’épilepsie ne représente qu’un type très spécifique de convulsions.

Les convulsions peuvent être classées en 3 grandes catégories : les généralisées majeures, les généralisées mineures et les convulsions partielles. Elles peuvent survenir autant chez les chiens que les chats quoique chez ces derniers, les convulsions généralisées sont beaucoup moins fréquentes. 

Sans décrire tous les types de convulsions, voici quelques cas typiques que nous pouvons rencontrer. Évidemment, il peut y avoir plusieurs variantes et vous devriez suspecter des convulsions si votre animal présente un des symptômes décrits dans les exemples suivants :

La crise généralisée majeure : C’est le type de convulsions le plus extrême. On retrouve un animal couché sur le côté et inconscient, ayant des spasmes, des tremblements violents accompagné de pédalage, d’une miction involontaire et de l’hypersalivation. En général, une telle crise dure de quelques secondes à quelques minutes mais il peut arriver qu’elle se poursuive jusqu’à l’administration d’une médication d’urgence.

La crise généralisée mineure : Elle est beaucoup plus discrète et n’est généralement pas reconnue par le propriétaire comme étant des convulsions jusqu'à ce que les crises deviennent plus violentes ou fréquentes. Elle est souvent limitée à de petits spasmes au niveau du visage ou du « mâchonnage ». Lorsque la crise survient, elle ne dure généralement que quelques secondes et  le chien s’immobilise.

La crise partielle : Plus fréquente chez le chat, on peut la suspecter lorsqu’un comportement anormal se produit à plusieurs occasions et qu’il se répète toujours de la même façon d’une fois à l’autre. On peut entre autres observer un tournis compulsif, un comportement hallucinatoire avec sursaut, la poursuite ou l’attaque d’un objet imaginaire, etc. Ce comportement anormal dure quelques secondes ou minutes et l’animal agit normalement entre chaque épisode.

Il existe plusieurs causes aux convulsions. On dit qu’il y a des causes « extra-crâniennes », c’est-à-dire, associées à des maladies métaboliques comme l’insuffisance rénale, certaines maladies du foie, des intoxications et même des problèmes cardiaques. Les causes « intracrâniennes » sont plus fréquentes. Il s’agit alors d’un problème directement lié au cerveau. Ces causes sont souvent difficiles à identifier. Certaines maladies infectieuses (virales, bactériennes ou parasitaires) peuvent causer des dommages au cerveau et déclencher des convulsions. Cependant, des malformations, des cancers, des traumatismes crâniens et des accidents vasculaires sont les causes les plus fréquentes de convulsion.

Lorsque vous suspectez des convulsions chez votre compagnon, il est important de noter le plus de détails possible car l’histoire du cas est souvent le principal élément pour établir le diagnostic. Si vous avez une chance de filmer l’événement, cela sera également très utile. Votre vétérinaire pourra ensuite rechercher des indices suggérant la présence d’une maladie prédisposante aux convulsions. Lorsque les causes « extra-crâniennes » ont été éliminées, la résonance magnétique sera utile pour chercher des lésions au cerveau. Il est cependant fréquent que tous les tests proposés soient normaux et qu’aucune cause ne puisse être identifiée.  En ayant un maximum d’information, votre vétérinaire sera en mesure d’éliminer les conditions graves comme des cancers et d’élaborer un plan de traitement adéquat en plus de vous renseigner sur le pronostic.

L’objectif du traitement est de contrôler la fréquence des crises. Bien entendu, nous tentons d’abord de les enrayer complètement, mais lorsque ce n’est pas possible, nous visons à tout le moins à en réduire la fréquence pour qu’elles surviennent au maximum une fois toutes les 6 à 8 semaines. Lorsque des anticonvulsivants oraux sont utilisés pour contrôler les crises, un dosage de la concentration sanguine du médicament sera nécessaire pour s’assurer de la bonne posologie et de son efficacité.  Dans certains cas, lorsque les convulsions auront été contrôlées pendant une année, il pourrait être envisagé d’arrêter la médication. Le sevrage devra se faire PROGRESSIVEMENT car un arrêt trop rapide pourrait déclencher de nouvelles crises. Il est donc essentiel de discuter avec votre vétérinaire avant d’arrêter les anticonvulsivants.

Le succès du traitement des convulsions est vraiment variable d’un animal à l’autre. En traitant rapidement, les chances de contrôler efficacement la fréquence des crises sont augmentées. Si vous avez des doutes sur la présence de convulsions, n’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire. Il pourra évaluer avec vous la pertinence d’investiguer et de traiter, toujours dans le souci du bien-être de votre fidèle compagnon. 

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