Animal cherche compagnie

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Humeur

Fantômas, le chat de l’autoroute

Fantômas, le chat de l’autoroute

Audrey Lemarbre 4 Mars 2014

Comme Rachel, j’aime croire en la bonté humaine, même si ce n’est pas toujours facile. Bien sûr, il y a des gens égoïstes ou cruels, des gens qui abandonnent ou maltraitent leurs animaux. Même s’il serait plus facile d’ignorer leur existence, le fait est qu’ils existent.

Mais il y a aussi de nombreuses personnes généreuses et bonnes, qui sauvent et aident jour après jour des animaux en détresse, parfois quitte à sacrifier leur propre confort matériel ou leurs loisirs.

En travaillant et en étant bénévole à la SPCA de Montréal, j’ai rencontré des employés qui accueillent, portée après portée, des groupes de chatons non sevrés. Ils les nourrissent, les tiennent au chaud et leur donnent leur médication afin de les remettre sur pied pour qu’ils soient prêts à trouver une nouvelle famille «pour la vie».

D’autres employés, en plus de  faire leurs heures habituelles de travail, viennent au refuge durant leurs jours de congé pour donner un coup de main lors des journées spéciales d’adoption, toujours très chargées.

Certains des nombreux bénévoles du refuge portent le titre affectueux de «bénévoles à temps plein», puisqu’ils aident les animaux de la SPCA plus de 40 heures par semaine — un temps qui s’ajoute à leur «véritable» emploi dans un autre domaine.

Et puis, il y a des gens qui, comme Rachel, sont tout simplement merveilleux: ce sont des amoureux des animaux qui ne peuvent s’empêcher de tout tenter pour sauver un chat mystérieux de l’autoroute…

Fantômas, le chat de l’autoroute

Je voue aux animaux un amour inconditionnel depuis toujours. D’ailleurs, ma vie gravite autour de cette passion, qui me pousse à venir en aide à un animal dans le besoin dès que je peux.

En octobre dernier, l’occasion s’est présentée sous les traits d’un chat au pelage noir qui, sans qu’on sache pourquoi, errait au beau milieu de l’autoroute 15, sur le terre-plein central. Dès que je l’ai aperçu, mon cœur de membre bénévole de la SPCA Laurentides Labelle s’est mis à battre et j’ai tout de suite pris contact avec le refuge pour signaler la curieuse présence d’un chat dans cet endroit si difficile d’accès. Aussi incroyable que cela puisse paraître, quelqu’un avait déjà signalé qu’un chat errant se promenait sur l’autoroute... 10 jours plus tôt!

Au cours des jours qui ont suivi, je l’ai revu près de la sortie 80, puis un peu plus loin, près de la sortie 72, toujours au beau milieu de l’autoroute. J’étais très triste, mais surtout frustrée de ne pas parvenir à l’attraper pour le sortir de cette situation terriblement dangereuse. Comment faisait-il pour survivre dans tout ce bruit et ce stress, sans nourriture? C’était impensable! Ce chat noir, dans sa détresse, devait bénéficier d’une «aura protectrice».

À plusieurs reprises, j’ai essayé, avec l’aide du refuge, d’installer une cage pour l’attraper et ainsi le libérer de cet enfer. Mais c’était peine perdue. Une fois, quelqu’un a volé la cage... Une autre fois, elle a été désactivée et Fantômas — que j’avais baptisé ainsi car il était pour moi une sorte de fantôme qui rôdait partout — était toujours en cavale.

Les semaines passèrent, l’hiver approchait à grands pas, et mon obsession de capturer Fantômas se transformait en hantise. Je remuai ciel et terre pour qu’on le sauve. J’ai même contacté le ministère des Transports et celui de la Faune: rien à faire. Un jour, je décide de laisser de la nourriture près d’une voie de service où je l’avais déjà vu. Lorsque je suis revenue le lendemain, le bol était vide. J’ai répété l’expérience pendant près de deux semaines, sans toutefois savoir si c’était bien Fantômas qui se régalait, ou si c’était plutôt un animal sauvage. Pour en avoir le cœur net, j’ai eu l’idée d’installer une nouvelle cage-trappe, à l’intérieur de laquelle je glissai à nouveau de la nourriture.

Le lendemain matin, le 10 novembre, la partie de cache-cache avec Fantômas prenait fin avec sa capture. C’était donc bien lui qui mangeait la nourriture! Je n’en revenais pas: son calvaire était enfin terminé, j’allais pouvoir dormir sur mes deux oreilles et lui, dans un univers un peu plus clément, c’est-à-dire celui de la SPCA, où l’attendait une équipe qui serait aux petits soins pour lui pendant une quarantaine de jours, comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation.

Le fait d’avoir sauvé un animal me remplit toujours d’un bonheur indescriptible. Cette fois-là n’a pas fait exception, bien que ce bonheur ait été de courte durée. Deux semaines plus tard, un employé du refuge m’apprenait que la belle Fantômas (eh oui, c’était une femelle!) venait de succomber à un virus, qu’elle avait probablement contracté durant son escapade autoroutière.

Bouleversée, je me suis demandé si j’avais bien fait de lui enlever sa liberté, même si elle semblait infernale. Mourir ainsi après avoir miraculeusement évité une mort quasi certaine... J’ai aussi pensé à ceux qui avaient probablement ouvert la portière de leur véhicule, quelque part entre les sorties 72 et 80 de l’autoroute 15, pour se «débarrasser» de leur compagnon. Je me suis donc consolée en me disant qu’il y a ceux-là, mais qu’il y a aussi les autres; ces autres qui consacrent leur vie à sauver des animaux afin de réparer la bêtise humaine.

Rachel

Si à l’instar de Rachel vous voulez partager votre histoire d’amour avec nous, n’hésitez pas à nous faire parvenir votre histoire en cliquant ICI. Peut-être sera-t-elle la prochaine à être publiée sur le web, ou peut-être verrez-vous la belle bouille de votre petit compagnon dans le prochain numéro de Magazine Animal!

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